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Les requins sont des poissons cartilagineux ne formant pas un groupe monophyletique, c'est-à-dire que requin désigne des espèces parentes qui ne regroupe pas tous les descendants d'une même espèce ancestrale. C'est avant tout à partir des caractéristiques morphologiques que le nom de requin est attribué. Il en existe 465 espèces, organisées en 35 familles, présentes dans tous les oceans du globe. Ils sont cependant tous regroupés au sein de la classe des chondrichthyens qui comporte, en outre, les raies, les poissons scies, les poissons guitares et les chimères. Le super-ordre Selachimorpha a été créé afin de désigner exclusivement les requins. Les selachimorpha sont apparus au Devonien, il y a environ 430 Mal. À partir du Cretaceé, il y a 100 Ma, beaucoup d'espèces de requin ont adopté leur forme moderne ; ils n'ont guère évolué depuis ce qui semble être le signe d'une adaptation parfaite à leur milieu.
La plupart des requins sont des predateurs, voire des superpredateurs pour certains, mais les plus grandes espèces, comme le requin baleine (Rhincodon typus) ou le requin pèlerin (Cetorhinus maximus), ne se nourrissent, principalement, que de plancton en filtrant l'eau de mer. Seulement, une douzaine sont considérées comme dangereuses pour l'homme.
L'origine du terme est controversée, peut être est-ce une déformation de quin (chien), au sens de chien de mer ou de requiem. Le terme « squale », de sens identique, qui dérive du latin Squalus fait référence à la peau rugueuse de ces animaux du fait des denticules présents sur leur corps. Il existe également un genre nommé Squalus dont l'un des noms vernaculaires est aiguillat. Plusieurs espèces de requin comportent le terme requin dans un de leurs noms vernaculaires, comme par exemple : requin marteau, requin tigre, requin pélerin, mais ce n'est pas une généralité, il existe aussi des noms vernaculaires ne comprenant pas le terme requin comme dans le cas de maraîche, roussette, mako etc.
Voici deux listes de requins. La première est classée suivant les noms vernaculaires, la seconde suivant les noms scientifiques. Comme souvent chez les poissons, les noms vernaculaires ne sont pas toujours très précis. Une même espèce peut recevoir plusieurs noms et le même nom peut désigner des espèces différentes d'où l'aspect contradictoire de ces listes.
Description 
Le requin se caractérise par sa silhouette fuselée, particulièrement hydrodynamique, et ses nageoires pectorales et dorsales, ainsi que sa nageoire caudale hétérocerque (de forme asymétrique). Il est pourvu d'un squelette entièrement cartilagineux et de cinq à sept fentes branchiales latérales selon les espèces.
La taille du requin varie selon les espèces, de 15 à 20 cm pour les plus petits, comme le requin nain (Squaliolus laticaudus) et le requin pygmée (Euprotomicrus bispinatus), à plus de 18 mètres pour le plus grand, le requin baleine (Rhincodon typus).
Sa peau est rugueuse, recouverte d'innombrables denticules cutanées, des écailles osseuses placoïdes d'origine dermique et épidermique, qui le protègent contre les parasites et améliorent sa pénétration dans l'eau.
Les mâchoires du requin présentent des particularités uniques dans le monde animal. Elles sont entièrement mobiles, indépendantes, et garnies de plusieurs centaines de dents réparties sur plusieurs rangées dont seule la dernière est fonctionnelle, les autres étant des dents de remplacement. Les dents, dont la forme varie selon les espèces, sont renouvelées en permanence tout au long de la vie du requin, et sont spontanément remplacées par une dent de la rangée suivante lorsqu'elles tombent ou sont abîmées. Fixées sur un tissu fibreux très solide, elles se redressent vers l'extérieur lorsque le requin ouvre la gueule, ce qui lui permet de mordre plus facilement une proie et de la maintenir fermement grâce à la concavité des dents.
Son foie, qui peut représenter jusqu'à 25 % de son poids, est constitué à 90 % de squalène, et lui sert principalement à compenser son absence de vessie natatoire pour se stabiliser, mais également de réserve énergétique.
Schéma d'identification
Les ordres de requins du super-ordre Euselachii de la classification classique sont:
Pour cette raison, certains auteurs ont séparé Euselachii en deux:
Distribution
Les requins sont présents dans toutes les mers et tous les océans du globe, à l'exception de l'Antarctique. Quelques espèces, comme le requin bouledogue (carcharhinus leucas), sont capables de vivre en eau douce ou peu salée (fleuves, rivières, estuaires, lacs). Il leur arrive de remonter certains fleuves jusqu'à plus de 3 000 km à l'intérieur des terres, comme par exemple dans le Zambèze et le lac Victoria, en Afrique. Des membres d'une espèce (Pristiophoridés) vont même se reproduire dans le Lac Titicaca, en Amérique du Sud.
Certaines espèces sont pélagiques, d'autres côtières ; on trouve des requins depuis la surface jusqu'à 2 500 mètres de profondeur environ.
Locomotion
Les requins utilisent leur nageoire caudale pour se propulser et changer brutalement de direction, les nageoires pectorales font office de gouvernail selon le même principe que les ailerons d'avion, la ou les nageoires dorsales servent de stabilisateurs. Pour pouvoir respirer, ils sont obligés de nager en permanence, même à faible vitesse, afin de maintenir un courant d'eau apportant suffisamment d'oxygène à leurs branchies. Il arrive cependant que certains requins, plus particulièrement ceux vivant à proximité de récifs, se reposent sur le fond en se mettant face au courant, ce qui est suffisant pour qu'ils capturent l'oxygène nécessaire à leur métabolisme.
Certaines espèces, comme le requin mako (Isurus oxyrinchus), sont capables d'atteindre des vitesses de pointe d'au moins 50 km/h. Les denticules présents sur la peau des requins provoquent des micro-perturbations qui facilitent l'écoulement hydrodynamique et le rendement de la nage en créant une couche limite d'eau permanente contre la peau, ce qui fait qu'ils glissent dans l'eau facilement.
Contrairement à la plupart des autres poissons, ils n'ont pas de vessie natatoire pour se stabiliser en profondeur mais utilisent le squalène, huile présente dans leur foie, de densité moindre que l'eau pour corriger leur flottabilité négative.
Les requins pélagiques sont capables de parcourir des distances considérables, et pour certaines espèces comme le requin bleu (prionace glauca) d'avoir parfois un circuit migratoire, mais peu de données sont disponibles. Toutefois, un traçage par satellite a montré qu'un grand requin blanc, surnommé « Nicole », a effectué une migration d'Afrique du sud vers l'Australie[10]. La distance d'environ 11000 km a été couverte en 99 jours soit une vitesse moyenne de 4,6 km/h.
Reproduction
La plupart des requins se reproduisent dans l'océan ; cependant certains requins de l'ordre des pristiophoriformes choisissent les lacs (Amérique centrale). Contrairement aux autres poissons, les requins ont un mécanisme de reproduction peu efficace ; et rarement observé. La maturité sexuelle est atteinte tardivement (plusieurs années), le nombre d'individus par portée est très faible (d'un individu à quelques centaines selon les espèces) et la durée de la gestation est particulièrement longue (de 7 mois à 2 ans).
Le mâle dispose de deux ptérygopodes mais un seul est utilisé lors de l'accouplement. Le sperme est déposé dans le cloaque de la femelle.
Le développement des embryons n'est pas identique selon l'espèce considérée ; il peut être :
Dans tous les cas à sa naissance le requin est autonome.
Plusieurs cas de reproduction sans accouplementsont documentés et laissent supposer que le requin serait capable de parthénogenèse.
Conservation
Les requins sont intensivement pêchés, parfois pour leur viande mais le plus souvent - uniquement - pour leurs ailerons qui constituent l'ingrédient principal de mets (soupe et bouchées) appréciés en Asie. Le nombre de requins tués annuellement dans le monde a été évalué dans les années 1980 à au moins 100 millions d'individus. Toutefois, l'intensification de la pêche et l'augmentation de la demande pour les ailerons de requin laissent à penser que ce nombre est fortement sous-évalué aujourd'hui. Près de 10% des espèces d'élasmobranches (requins et raies) figurent sur la liste rouge de l'IUCN et sont menacés d'extinction à des degrés divers. La maturité sexuelle tardive, la durée particulièrement longue de la gestation ainsi que la faible production d'embryons rend les requins particulièrement vulnérables à la surexploitation.
Différentes étudesdémontrent une baisse alarmante des populations de requins, allant dans le golfe du Mexique jusqu'à 99% pour le requin longimane sur une période de seulement 50 ans. La taille et la masse moyenne des poisons pélagiques et des requins pêchés est en très forte baissece qui laisse penser que beaucoup de requins sont pêchés avant de pouvoir atteindre la maturité sexuelle et donc se reproduire.
Seules cinq espèces sont qualifiées de dangereuses compte tenu de leur taille et de leur régime alimentaire : le requin tigre (Galeocerdo cuvieri), le requin blanc (Carcharodon carcharias), le requin bouledogue (Carcharhinus leucas) le requin mako (Isurus oxyrinchus) et le requin longimane (Carcharhinus longimanus).
Le requin n'est tout de même pas un animal inoffensif. Toutefois le nombre d'accidents est extrêmement faible : entre 57 et 78 attaques de requin non provoquées par an dans le monde entier.
Le danger n'est pas forcément lié à une morsure, car un coup de queue peut aussi être très dangereux, comme de la part de mammifères marins (orque, baleine). De plus, du fait de sa rugosité, la peau du requin ainsi que les ailerons peuvent provoquer des blessures importantes par simple frôlement.
La quadrilogie Les Dents de la mer (titre original américain : Jaws) a beaucoup contribué à la mauvaise réputation qu'ont les requins auprès du public. Bien qu'il n'y ait pas d'erreur manifeste en matière de taille et de comportement, l'accumulation des scènes voulues pour le scénario est en revanche non crédible et ne pourrait être le fait d'un seul requin. Pourtant dès le Moyen Âge cette réputation n'était plus à faire :
« Ce poisson mange les autres, il est très goulu, il dévore les hommes entiers, comme on a connue par expérience ; car à Nice et à Marseille on a autrefois pris des Lamies, dans l'estomac desquelles on a trouvé homme armé entier. »
— Guillaume Rondelet, L'histoire entière des poissons (1558)
Paradoxalement la réputation du requin tient surtout à l'aspect exceptionnel et rare d'une attaque. En effet, l'hippopotame ou le cobra tuent des milliers de personnes chaque année dans le monde sans pour autant que cela soit médiatisé, en revanche une attaque ou même la seule présence d'un requin dans l'eau donne lieu à un article en bonne place dans les journaux. En fait, la raison de cette crainte est surtout liée à la perception psychologique voire psychanalytique des profondeurs sombres et inconnues des océans qui alimentent tous les fantasmes.
« Mangeur d'homme » [
Le requin est un prédateur, notamment spécialisé dans le nettoyage de cadavres et l'attaque d'animaux malades. Qualifier un requin de mangeur d'hommes est impropre car son régime ne comprend qu'exceptionnellement des êtres humains. La majorité des rares attaques de requins sont du type mordu-relâché (ou morsure d'exploration) sans autre suite que les conséquences de l'unique morsure (qui peut être mutilante et fatale pour cause d'hémorragie).
Le plus souvent une attaque est liée à une erreur d'identification ou peut être motivée par la curiosité ; cette dernière hypothèse devenant de plus en plus crédible aux yeux de spécialistes du grand requin blanc comme R. Aidan Martin.
Un évènement aussi spectaculaire qu'une attaque de requin a souvent une large couverture médiatique, alimentée par la recherche du sensationnel. C'est ce qui a amené George Burgess, spécialiste des requins du muséum d'histoire naturelle de Floride et responsable de la base de données mondiale des attaques de requins, à rappeler que statistiquement il y avait beaucoup plus de risque d'être tué en allant se baigner en Floride par une noix de coco qui tombe sur la tête que par un requin. Le risque est également bien plus grand de se faire écraser par une voiture en traversant la rue.
Cancer et requin [
Contrairement à une idée généralement reçue les requins peuvent développer un cancer. Cependant, ils disposent de mécanismes biologiques particuliers qui semblent être très efficaces pour prévenir l'angiogenèse, c'est-à-dire la formation de petits vaisseaux qui irriguent les cellules cancéreuses. Les médicaments à base de cartilages de requin sont très sujets à caution dans le milieu scientifique. La squalamine, substance extraite de l'estomac du requin, pourrait être efficace dans le traitement des tumeurs cancéreuses. La squalamine affamerait les cellules cancéreuses en inhibant l'angiogenèse. article Wikipedia
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